illegal_cinema - le Journal des Laboratoires |
Séance proposée le 25 juin 2012 à Illégal Cinéma
A propos du film « Que faire » de Pierre Merejkowsky
par Catherine Gil Alcala
Dérive à contre-courant … Pierre Merejkowsky … Pire que la fièvre de la mère , je cause à qui ?
Il parle , ça parle en lui incessamment … Il est fou , comme tout le monde !
Il veut changer le monde !
L’ambivalence et la culpabilité d’un fils de bourgeois communiste qui va prêcher dans les déserts Sibériens .
Il veut retourner à l’origine , la neige comme une page blanche , effacer l’histoire , écrire sa propre histoire , fiction frictionnelle …
Il se heurte aux acteurs qui l’accusent d’être narcissique , sûrement ils résistent au fait de n’exister qu’en tant que projections de sa fiction et se cognent à ses limites . La frontière entre le film et la réalité bouge comme un état mental , comme si le film était la vie et comme si on pouvait à loisir y entrer et en sortir .
Entre repliement sur soi et élan vers « l’Autre » , il veut retourner vers les Narodnikis avant les dérives du Stalinisme , la perversion des systèmes de bonnes intentions .
A la fin du film , il dit : « merde j’ai glissé … » presque imperceptible au milieu d’un remâchement illuminé : « J’irai vers le grand nord , j’irai vers le grand nord … ».
Ce qui apparait comme un effet comique pourrait être aussi bien une synthèse du procédé filmique , « le glissement » des pensées non-filtrées avec le film comme cadre analytique ; et ce qui ne pouvait ne pas arriver , le glissement hors-sujet du sujet et genre impossible de la fiction documentaire à l’intérieur de la tête d’un homme . |
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