"Après trois jours... Après trois jours, il... Après trois jours, il entre dans la maison... La maison désertée, personne ne l'attend, ni femme, ni enfants... Il ne se souvient pas... Après trois jours... Pendant trois jours... Il ne se souvient pas de ce qui a pu arriver pendant ces trois jours au-dehors... La maison si déserte... La poussière... Cela semblerait plus long... La maison abandonnée... Avait-il eu femme et enfants ?... Trois jours, il semblerait davantage... Trois semaines... Trois mois... Trois années ?... Existe-t-il un espace du temps, plutôt un état de l'être où trois années sonneraient comme trois secondes ? Trois secondes, cela ne laisse aucun souvenir... De la même substance du temps... Trois, trois ou peut-être quatre ! Peut-être cinq ! La poussière, la poussière, ma tête, ma pauvre tête vide... Des voix la traversent comme des réminiscences... Seul celui qui aime est empli... Ma tête est comme un sac plein de bourre... Mes pieds davantage que ma tête ont fait ce chemin... Fatigue glisse, crisse comme une grande nappe de sable blanc. Tous ces grains comme une trame infiniment complexe... Existe-t-il un point de reliement ? L'écho des pas résonne dans la maison... comme un temple vide... Dalles lumineuses obscures... Il est au-dehors... En dehors... Il est condamné... Il est comme condamné... A l'oubli... En dehors du temps des autres... Sûrement on croira, on dira que je suis..."
Ce texte doit être dit très rapidement, entre le bafouillement et une voix chantée, les répétitions peuvent s'accentuer, cela est dit d'une manière presque inaudible, par moment, et plus fort par d'autres, c'est-à-dire que l'on entendra des parcelles de paroles comme s'il y avait plusieurs personnages qui parlaient en même temps.
Catherine Gil Alcala